Allée centrale traversant la vaste cour du Palais El Badi vers les remparts

La réponse honnête est 45 minutes à une heure pour la plupart des visiteurs. Mais ce chiffre masque ce qui décide réellement de la durée, et ce n’est pas votre vitesse de marche : c’est ce que vous savez être là.

El Badi n’est pas un bâtiment que l’on traverse pièce par pièce. C’est un rectangle fortifié de terre battue, de la taille de plusieurs terrains de football, dont les éléments intéressants sont répartis sur les bords — et en dessous. Quelqu’un qui entre, photographie le grand bassin et ressort a vu peut-être un tiers du site en vingt minutes, et vous dira que le palais est vide. Quelqu’un qui connaît l’existence de la galerie souterraine et de l’escalier de la terrasse y passe quatre-vingt-dix minutes et en ressort en disant que c’était le meilleur moment de son séjour.

Voici donc, concrètement, ce que chaque durée vous permet de voir.

Trente minutes : la cour et le bassin

De quoi couvrir le corridor d’entrée, les jardins d’orangers en contrebas et le grand bassin réfléchissant avec les remparts derrière. C’est la photographie pour laquelle tout le monde vient, et elle se trouve près de l’entrée : trente minutes suffisent donc réellement à la faire et à repartir.

Ce que vous manquez, en revanche, c’est tout ce qui explique le lieu. La raison pour laquelle El Badi est une coquille vide plutôt qu’un palais ne se voit pas depuis la cour, pas plus que le minbar de la Koutoubia, qui est pourtant l’objet le plus précieux du site.

C’est la durée à retenir si vous êtes vraiment contraint — pas celle à viser.

Une heure : le circuit complet

Une heure permet de faire le tour du rectangle au lieu de le couper en diagonale. S’ajoutent alors les niches en arc le long du mur opposé, la cour de zellige mise au jour où le sol d’origine subsiste par plaques, et le pavillon abritant le minbar de la Koutoubia.

C’est le rythme dans lequel la plupart des visiteurs s’installent sans l’avoir prévu, et c’est un rythme raisonnable : vous voyez l’ensemble du site, vous lisez les panneaux d’information, et vous ne bâclez pas les parties qui récompensent l’immobilité.

Si vous ne deviez retenir qu’un chiffre de cet article, c’est celui-là.

Quatre-vingt-dix minutes : ce que presque tout le monde saute

Deux éléments font passer El Badi du statut de grande cour vide à celui de lieu qui valait le déplacement. Tous deux sont faciles à manquer.

La galerie souterraine court sous les pavillons : des couloirs frais et sombres qui servaient d’espaces de stockage et de passages de service à l’époque où le palais fonctionnait. Rien à l’extérieur n’indique leur ampleur réelle. C’est aussi, en été, le seul endroit véritablement frais du site.

La terrasse panoramique se rejoint par un escalier situé à l’extrémité opposée à l’entrée. C’est de là-haut que le plan devient enfin lisible : on voit les bassins comme un tracé plutôt que comme des obstacles à contourner, et on se retrouve à hauteur des cigognes nichant sur les remparts. C’est la vue dont les gens se souviennent.

Ni l’une ni l’autre n’est signalée d’une manière que l’on remarque quand on se dirige vers la sortie. Si vous disposez de quatre-vingt-dix minutes, consacrez les trente dernières à ces deux-là.

La durée dépend aussi de l’heure

C’est le facteur que l’on sous-estime le plus. En plein après-midi d’été, la cour principale n’offre pratiquement aucune ombre, et une visite prévue pour quatre-vingt-dix minutes se termine en quarante — par choix, pas par manque de temps.

Le début de matinée et les deux dernières heures avant la fermeture sont à la fois plus frais et bien meilleurs pour la photographie. Notre guide quand visiter le Palais El Badi entre dans le détail saisonnier.

L’inscrire dans une journée

Quatre-vingt-dix minutes est un plafond, pas un objectif — et c’est utile à savoir quand on planifie. Les Tombeaux Saadiens sont à quelques minutes à pied et demandent une quarantaine de minutes ; le quartier de la Kasbah est juste là.

Une matinée qui commence à El Badi à l’ouverture couvre confortablement les deux avant le déjeuner. Notre itinéraire d’une journée à Marrakech montre comment cela s’articule.

La seule chose qui ruine vraiment ce calcul, c’est d’arriver tard. Le site ouvre de 9h à 17h avec une dernière entrée vers 16h30, et l’escalier de la terrasse est précisément ce que l’on décide de sauter quand on surveille l’heure.

Le billet s’achète à l’entrée en espèces (dirhams), ou se réserve à votre nom avant votre arrivée si vous préférez ne pas faire la queue sur place.

Questions Fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter le Palais El Badi ? 45 minutes à une heure pour l’essentiel, une heure et demie pour inclure la galerie souterraine et la terrasse.

Trente minutes suffisent-elles ? Pour la cour, les jardins et le grand bassin, oui. Vous manquerez le minbar, la galerie souterraine et la terrasse.

Qu’est-ce que les visiteurs manquent le plus souvent ? La galerie souterraine et la terrasse panoramique, toutes deux situées à l’opposé de l’entrée et peu signalées.

La durée change-t-elle selon la saison ? Beaucoup. En plein après-midi d’été, 90 minutes prévues deviennent souvent 40, faute d’ombre.