La large allée centrale traversant la cour à ciel ouvert du Palais El Badi

El Badi est plus accessible que la plupart des monuments de Marrakech sur un point, et nettement moins sur un autre. La distinction mérite d’être connue avant d’acheter un billet, pas après.

Le point favorable : il n’y a aucun escalier entre vous et l’essentiel. Le corridor d’entrée est long mais de plain-pied, et la grande cour, les jardins d’orangers en contrebas et le bassin réfléchissant se trouvent tous sur un même plan horizontal. Aux Tombeaux Saadiens ou à la médersa Ben Youssef, les espaces intéressants sont de petites salles atteintes par des passages étroits ; ici, l’espace intéressant est un vaste rectangle ouvert que l’on traverse.

Le point défavorable : ce rectangle est grand, le sol est en terre damée et en pierre plutôt qu’en dallage, et les deux éléments dont les visiteurs se souviennent le plus — la terrasse panoramique et la galerie souterraine — se rejoignent l’un et l’autre par des escaliers, sans itinéraire alternatif.

Ce qui est atteignable sans marches

  • Le corridor d’entrée et la zone de billetterie
  • La cour principale et l’allée centrale
  • Le grand bassin réfléchissant, depuis plusieurs points de vue
  • Les jardins d’orangers en contrebas, vus depuis l’allée qui les surplombe
  • Le rempart où nichent les cigognes, parfaitement visible depuis le sol

Cela couvre la photographie pour laquelle tout le monde vient, et l’essentiel de ce qui rend le site saisissant. Si une visite signifie la cour et le bassin, El Badi fonctionne.

Ce qui ne l’est pas

  • La terrasse panoramique. Escalier à l’extrémité opposée, pas d’ascenseur. C’est la vue qui rend le plan du site lisible, et il n’existe aucun moyen de la voir depuis le sol.
  • La galerie souterraine. Escalier descendant vers les couloirs de service sous les pavillons.
  • La cour de zellige fouillée, en partie : le sol d’origine se situe sous le niveau actuel et se regarde depuis une bordure qui n’est pas partout de plain-pied.

Nous préférons le dire clairement plutôt que de décrire le site comme « accessible » et laisser quelqu’un découvrir les escaliers après avoir payé. Environ deux tiers de ce qu’il y a à voir sont atteignables ; le tiers qui ne l’est pas comprend l’une des deux meilleures parties.

Sols et distances

Ce qui prend les visiteurs au dépourvu n’est pas une marche, c’est la marche. Le site fait plusieurs centaines de mètres d’un bout à l’autre, la surface est irrégulière par endroits, et il n’y a pratiquement aucune ombre au milieu de la cour.

Un fauteuil manuel demandera d’être poussé sur les sections en terre damée. Une personne se déplaçant avec une canne, à l’aise pour vingt minutes d’affilée, aura intérêt à repérer à l’avance où s’arrêter — les assises sont rares.

En juillet et en août, cette question cesse d’être une question de mobilité pour devenir une question de chaleur, valable pour tout le monde. Venir dans la première heure après l’ouverture résout les deux à la fois : voyez quand visiter le Palais El Badi.

Y arriver

Les taxis peuvent vous déposer près de l’entrée, ce qui est la réponse pratique pour toute personne ne pouvant pas faire le trajet à pied depuis Jemaa el-Fna à travers les ruelles environnantes.

Les différentes options d’accès sont détaillées ici. Retenez que l’approche à pied depuis la place représente une quinzaine de minutes sur le même type de sol irrégulier que le site lui-même — ce n’est donc pas un échauffement anodin si la marche est justement la difficulté.

Adapter la durée de la visite

Si les escaliers sont exclus, prévoyez moins de temps que l’estimation courante. Notre guide des durées situe une visite complète à quatre-vingt-dix minutes, mais ce chiffre inclut la terrasse et la galerie souterraine. Sans elles, quarante-cinq minutes couvrent confortablement ce qui est atteignable, sans se presser.

Notre guide du visiteur détaille le plan complet si vous souhaitez déterminer à l’avance quels angles valent la distance.

Une réserve nécessaire

Les dispositions d’accès dans les monuments marocains relèvent de l’administration du site et peuvent évoluer sans préavis. Si un aménagement particulier est indispensable à votre visite, il vaut mieux poser la question sur place le jour même que de vous fier à un guide, celui-ci compris.

Le billet s’achète à l’entrée en espèces, ou se réserve à votre nom avant votre arrivée si vous préférez ne pas faire la queue sur place.